Vallée de Luz/Gavarnie
La vallée de Luz (dix-sept communes), vestige glaciaire, s’étire du nord au sud sur quelques 25 kilomètres, et de l’ouest à l’est, entre les vallées de Cauterets et d’Aure, sur 23 kilomètres de crête frontière. Une ligne qui court de la cime du Vignemale (3 298 mètres) au pic de la Munia (3 133 mètres), encerclant ainsi les fameux cirques calcaires de Gavarnie, Estaubé et Troumouse, inscrits en 1997 au Patrimoine Mondial de l’Unesco pour leur valeur à la fois naturelle et culturelle.
De Luz-Saint-Sauveur, on accède aux deux vallées principales, celle de Barèges par la D 918 en direction du col du Tourmalet, et celle de Gavarnie par la D 921. De Gèdre, la vallée d’Héas mène au cirque de Troumouse (D 922), tandis que la D 922 poursuit vers le village de Gavarnie, l’un des plus élevés de la région à 1365 mètres. L’eau est abondante dans cette vallée, maîtrisée et exploitée par EDF depuis les années 1950, pour la production d’hydroélectricité.
Le Parc national des Pyrénées s’appuie au sud sur le Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu.
Eth coueyla d’eres Aires
Située dans le cirque de Troumouse, l’ancienne cabane des Aires a été utilisée durant tout l’été jusque dans les années 1936. Puis laissée à l’abandon, elle s’est peu à peu détériorée. En 2005, elle a été réhabilitée par la Commission Syndicale de la vallée de Barèges avec l’appui technique et financier du Parc national des Pyrénées. Le coueyla d’eres Aires revêt une valeur culturelle et patrimoniale pour un territoire dont l’histoire est fondée sur le pastoralisme.
Le mot coueyla désigne l’ensemble des cabanes et enclos. Ces derniers servaient à regrouper les troupeaux pour la traite et les soins. Le coueyla d’eres Aires accueillait plusieurs bergers de la vallée pour surveiller leurs bêtes en libre pacage. Chaque soir, le berger ramenait les bêtes au coueyla pour les traire. Chaque début d’été, les bergers montaient avec leurs troupeaux et remettaient la cabane en état pour la rendre habitable après les tumultes hivernaux. Le coueyla était occupé jusqu’au début du mois de septembre avant les premières gelées.
L’évolution de l’activité pastorale a rendu progressivement l’usage du coueyla obsolète. Seul l’enclos possède encore une vocation pastorale.
Moulin de Gèdre
L’eau est partout présente en montagne. Depuis des siècles, sa force motrice a été utilisée par les habitants. Plusieurs centaines de moulins ont été édifiés au fil des torrents.
Cinq moulins appartenant à différentes familles du village ont été réhabilités par la commune. Ils sont situés sur le hameau de Gèdre-Dessus, nichés dans un vallon le long du torrent.
Vous pourrez visiter un de ces moulins, remarquable par son architecture.
Transhumance de la Bernatoire
Chaque année autour du 25 juillet, entre 500 et 1 200 vaches aragonaises franchissent la crête frontière au niveau du lac de la Bernatoire pour entrer dans la montagne d’Ossoue où elles resteront jusqu’en septembre. Elles viennent pacager sur le versant français offrant de l’herbe durant la saison estivale.
Ces échanges sont le témoignage vivant d’accords ancestraux datant du XIIIème siècle entre les communautés espagnole et française du Mont Perdu. Dès le XIème siècle, l’apaisement et la prévention des incidents entre les deux versants ont été recherchés. Du XIème au XIVème siècles de nombreuses conventions de paix ont été solennellement jurées entre les vallées.
D’abord orales, elles ont été ensuite écrites, mais leur force résidait avant tout dans le serment collectif obligeant tous les membres des communautés concernées à se soumettre aux dispositions de la paix jurée. Au XVIème – XVIIIème siècle, l’administration française appellera ces dispositions lies et passeries.



