Recherches
La protection du patrimoine nécessite au préalable avant d’engager des actions de bien le connaître et de comprendre son fonctionnement. C’est pourquoi le Parc national des Pyrénées réalise régulièrement :
- des actions d’inventaire pour connaître la composition et la répartition de sa richesse écologique, culturelle ou paysagère,
- des actions de suivi pour mesurer les tendances et les évolutions
- des études pour évaluer et comprendre les enjeux, le fonctionnement et les interactions avec les activités humaines ou encore définir des actions de gestion adaptées.
La connaissance du patrimoine du territoire reste une priorité essentielle car c’est elle qui permet de connaître ce patrimoine exceptionnel, de surveiller les évolutions et de mettre en œuvre des actions de gestion adaptées. Quatre axes d’études et de recherche sont privilégiés au sein du Parc national des Pyrénées.
Approfondir la connaissance des patrimoines naturels, culturels et paysagers
Si la connaissance a fortement progressé depuis la création du parc national notamment sur les mammifères, les oiseaux, le patrimoine bâti ou la flore, le parc national poursuit les efforts d’inventaire pour une meilleure connaissance des habitats naturels, du paysage, des papillons, des chauves-souris, des amphibiens et des passereaux. Paradoxalement certaines espèces endémiques et rares sont encore mal connues : un effort particulier sera ainsi engagé sur le desman pour mieux connaître sa répartition, définir une méthode de suivi et caractériser son habitat.
Le parc national s’investit aussi dans le recueil, la sauvegarde et la valorisation de ce qui constitue le patrimoine culturel des vallées. Etant donnée l’étendue du sujet, le parc national travaille en priorité sur l’histoire de l’occupation du territoire par l’homme et sur les liens qui unissent l’homme et la nature. L’importance des ruines architecturales qui parsèment les vallées constitue le témoignage le plus évident d’une activité forte au cours des siècles passés. En partenariat avec les services régionaux de l’archéologie, les universités de Toulouse, le parc national soutient un programme pluridisciplinaire d’étude de l’occupation du sol et de l’habitat de montagne sur l’ensemble des vallées. La palynologie vient compléter la recherche archéologique et devrait permettre de révéler les traces de l’occupation humaine depuis les dernières glaciations en relation avec l’histoire de la végétation.
Depuis 3 ans, le paysage fait l’objet d’un travail important qui va permettre au parc de disposer fin 2009 d’une cartographie complète des unités paysagères de l’ensemble de son territoire. L’objectif est de disposer d’un état « zéro » qui permettra de suivre l’évolution des paysages et d’envisager des mesures de gestion adaptées.
Suivre l’évolution des espèces et habitats prioritaires ou emblématiques
En vue de surveiller l’évolution du patrimoine, le parc national réalise de nombreux suivis sur la faune, la flore et les habitats. La priorité est donnée aux espèces ou habitats présentant un enjeu de conservation important ou emblématique. Chaque année de nombreuses espèces animales ou végétales rares font l’objet de protocoles de suivi. Pour la majeure partie d’entre elles, même si leur situation s’est améliorée, l’état de leur population et de leur habitat reste encore relativement fragile et impose le maintien de leur surveillance et la mise en oeuvre d’actions de conservation ou de gestion : il s’agit par exemple du gypaète barbu, du vautour percnoptère, du desman, de l’euprocte ou encore du lézard montagnard. D’autres espèces ont montré ces dernières années une diminution de leur population (grand tétras, lagopède, ours). D’autres sont par contre en augmentation comme la loutre, la marmotte ou le vautour fauve.
Un parc national se doit aussi d’être à l’écoute des changements climatiques qui influent sur le comportement des milieux naturels et des activités humaines. C’est pourquoi, en vue d’évaluer l’impact des changements climatiques sur les masses des glaciers, un suivi est réalisé depuis 7 ans sur 6 glaciers. Les résultats montrent que les glaciers sont en régression importante.
Comprendre le fonctionnement de la biodiversité du territoire
Les différents types d’habitats présents sur le parc national évoluent continuellement soit du fait de leur évolution naturelle, soit du fait de l’utilisation de l’homme ou encore de l’impact des changements globaux (pollutions, climat). Ces habitats connaissent actuellement des modifications de leur qualité et de leur extension qui retentissent sur leur qualité écologique. Le parc national travaille actuellement sur les zones tourbeuses en vue de mieux connaître les différents types de milieux présents, de comprendre leur fonctionnement, évaluer leur état de conservation et, si nécessaire, adapter la gestion pastorale à la préservation de l’intégrité de ces milieux.
La dynamique et la répartition spatiale de la population de certaines espèces soumises à prélèvement sont aussi étudiées. Ainsi sur Cauterets, des travaux sont menés depuis 15 ans pour étudier le fonctionnement d’une population d’isards exempte de chasse et en vue d’évaluer les conséquences à long terme d’une population laissée en évolution naturelle. Les travaux sont aussi axés sur l’organisation sociale et les facteurs de régulation. Ce suivi a ainsi permis de suivre et mesurer l’impact de la dernière épidémie de kérato-conjonctivite et de proposer aux chasseurs une baisse des prélèvements au vue de l’évaluation de la mortalité due à cette maladie.



